mercredi 30 avril 2014

Only Real, les vacances avant l'heure.


Ses parents l'ont laissé cultiver son don pour la musique dès son adolescence, sans doute car "ils savaient qu'il n'y avait pas d'autres options", de sa propre confession. La vingtaine passée mais une trogne en laissant paraitre 15, blondinet à moitié rouquin, Only Real, Niall Galvin de son vrai nom, s'est créé un genre bien à lui et n'a de cesse d'être comparé à King Krule outre-manche. Vaguement, on peut comprendre: tous deux des têtes de gamins faussement gentils, tous deux réellement humbles, tous deux créant leur propre univers entre pop, new-wave, electro, mais ayant le rap comme dénominateur commun et comme centre névralgique, tout deux bercés dès leur jeunesse dans la musique, seul moyen réel pour eux de s'exprimer et d'imaginer un avenir, tout deux en échec scolaire. De là m'est venu une image du parfait calvaire d'un prof; les avoir tous les deux au fond d'une classe, King Krule roupillant et façonnant sa blue-wave, Niall Galvin le sourire arrogant gribouillant sur un cahier ce qui allait devenir l'artwork de son premier EP.
Déjà de (très) long mois que le minot se traine le titre Cadillac Girl en concert et depuis quelques semaines, Only Real a décidé de le balancer comme single (et de lancer un clip pas plus tard qu'hier), cadeau de bienvenue du label qui l'a fraichement signé. Également, son premier single Backseat Kissers, exemple parfait du mixage des genres, preuve en est qu'on peut, ou plutôt qu'il peut, rapper avec un débit monstrueux et désarticulé tout en nous laissant se perdre dans les notes de guitare qu'il affectionne particulièrement, single qui fait l'effet d'un bonbon sacrément acidulé. Enfin, un dernier morceau, car on aime bien The Shoes. Alors The Shoes+Only Real, on dit oui sans même l'avoir écouté.
(PS: le mec maintient qu'il dit "she's so bold with me" et non "she's so over me".M'Ouais)







samedi 23 novembre 2013

Colours In The Street



Le marais poitevin regorge de trésors et c'est en tombant sur Colours In The Street que l'attrait culturel de la région m'interpella réellement. A la première écoute, quelque chose de familier... pourtant les quatre jeunes niortais chantent dans la langue de Shakespeare, et très vite on décèle une influence criante de groupes alternatifs anglo-saxons. Certaines de leurs mélodies, notamment certains riffs de guitare (Your Round) accompagnés de la voix d'Alex nous rappelle instinctivement les Irlandais de Two Door Cinéma Club, tandis que d'autres, moins lumineuses mais tout aussi entêtantes, nous renvoient à l'écho chaotique de la voix de Yannis Philippakis des anglais de Foals. On y voit aussi des airs de ressemblance avec Alt-J, mais on préfère y aller doucement avec les superlatifs et les comparaisons. Collaborant ensemble depuis seulement trois petites années, les quatre jeunes compères sont les talents montants de l'année 2013 et ont sorti leur premier EP intitulé "Paper Child", contenant quatre singles et trois remixes, dont un bien glorieux des Naive New Beaters, rien que ça. On en oublierait presque de parler de l'artwork de l'album qui en dit long sur leur musique; une musique saturée de couleurs, profonde. C'est beau, beau comme un doublé de Mamadou Sakho au stade de France, un soir de Novembre.



mardi 30 juillet 2013

Lemâitre - Relativity 3



Arthur Campbell vous avait fait un très bon portrait de Lemâitre il y a quelques temps et il était logique de reparler du duo norvégien puisque ceux-ci sont encore sous le feu des projecteurs (mais si, ça se dit encore!) avec leur nouvel EP. Après Relativity, Relativity², il était logique (ou pas du tout) d'enchainer très vite avec un Relativity 3, promesse d'un Relativity 4, ou bien (enfin) d'un album si l'on en croit la photo postée hier sur leur page Facebook, photo représentant cette forme récurrente sur leurs différents artwork. A l'image de leur musique, cette forme (une cocotte, un oiseau? Déplié, ça ressemble à un homme avec des ailes...) se fait l'écho de Lemâitre. Sobre, tranchant, lumineux et épuré, survolant la scène electro norvégienne (pour commencer).
Le groupe a toujours revendiqué l'influence des Daft Punk (bon, quel musicien faisant de l'électro ne s'est jamais senti inspiré par Daft Punk?), Phoenix et Justice, entre autres. Point commun ? L'influence française, indéniable, qui transparait jusque dans Relativity 3. On ne saurait faire autre chose que s'en féliciter. Néanmoins, il réside un étrange paradoxe, car si Lemâitre ont fait leur trou aux USA, ils demeurent relativement méconnus en France. Triste, tout comme de savoir le duo parti pour une tournée estivale aux côtés de ce que la France a fait de pire en terme de bidon de lessive, à savoir David "One Beat" Guetta, ainsi que du raté de l'électro américain Calvin Harris.
En attendant un album futur, on se satisfera du brillant Relativity 3 EP dont "Cut To Black" et ses notes sensuelles de synthé ainsi que "Iron Pyrite" en sont tirés.
D'une main de maître (on était obligé..).



lundi 22 juillet 2013

Tyler, The Creator


D'aspect, Tyler et sa clique d'Odd Future sont de sales gosses. Pas faux, les mioches se complaisent dans leur insolence avec les journalistes qu'ils méprisent, Tyler The Creator en porte étendard. Bouteilles de champagnes renversées en interview, insultes faites à l'encontre de la presse, caricatural à outrance, le groupe de rappeurs se moquent de tout, et n'ont que des buts simples dans la vie: faire ce qui leur plait, à savoir du son, emmerder le monde et faire du skate. Pourtant, on pourrait s'arrêter là dans la description, mais si l'on met notre cynisme de côté l'espace d'un instant, on peut voir que Tyler The Creator, en plus d'être un faux stupide, est un gamin sacrément pointilleux, loin de la hype réductrice qu'on lui colle la peau.

samedi 20 juillet 2013

Le retour des Babyshambles



Tout s'agite chez les Babyshambles: l'annonce d'une reformation et d'un troisième album commun, la sortie d'un extrait sur les ondes anglaises intitulé "Nothing Comes To Nothing", ou encore la volonté pour Pete Doherty de devenir citoyen français. Non, vous ne rêvez pas; l'anglais vit en France et apprécie la tranquillité qu'amène la plus belle ville du monde. Les temps ont bien changé dira t-on, et Pete se lasse des paparazzis. Néanmoins, si une chose reste immuable, c'est bel et bien la musique de l'ex de Kate "Poudreuse" Moss. A croire qu'en l'espace de dix piges, sa voix n'a pas bougé d'un ton. Nothing Comes To Nothing a donc de quoi faire patienter les fans sous les meilleurs auspices avant la sortie de l'album, Sequel To Prequel, dont la date est prévue au 2 Septembre prochain. On peinerait presque à croire qu'ils n'avaient rien composé ensemble depuis...5 ans.



Clip génial pour le dernier Local Natives


 Il y a quelque chose de bouleversant chez Local Natives. Déjà dans Gorilla Manor, premier album du groupe en 2009, on pouvait ressentir cette légèreté ambiante, caractérisée par la voix haute perchée du chanteur Taylor Rice. Une voix légère mais puissante, transperçante et toujours lourde de propos. Hummingbird, second LP des californiens, est de la même veine. Il n'est cependant pas question ici de sable chaud ou de cocktails, bien que l'enregistrement de ce second album chez Aaron Dessner soit quelque peu dû à une soirée un brun trop arrosé. Local Natives abordent ainsi des thèmes sombres, inspirés de la propre vie du groupe. Il transparait alors le départ d'un des membres, le décès de la mère du guitariste-percussionniste Kelcey Ayer, et toute ces choses tristes faisant partie de la vie. N'allez pas croire que le groupe est fondamentalement ténébreux et négatif, bien au contraire; il découle de leurs chansons un éternel espoir, une flamme rassurante présente dans la voix de Rice.
Tout ce paradoxe, et toute la substantifique moelle du groupe, Daniel Portrait (clip vidéo d'A$AP Rocky, campagne publicitaire Adidas), en charge de la réalisation du clip de "You & I", l'a parfaitement saisie. L'histoire, farfelue à souhait, est celle de l'hospitalisation du dernier chien vivant sur terre. Le clip fait donc parfaitement écho au propos de la chanson, et par un synopsis fondamentalement triste et bouleversant, parvient à sublimer la note d'espoir du titre.



Petit bonus avec Heavy Feet, second single de Hummingbird

dimanche 14 juillet 2013

H-Burns, première signature de VIETNAM, label musical de SOFOOT


Gros évènement pour Vietnam, puisque le label musical de SoFoot vient de fêter la sortie de l'album de sa première signature, H-Burns. H-Burns, c'est l'histoire d'un groupe de la Drôme qui en est maintenant à son quatrième album intitulé "Off The Map". Le groupe s'en est allé de l'autre côté de l'Atlantique, à la rencontre de Steve Albini, ancien producteur de Nirvana, de PJ Harvey et des Pixies, entre autres, pour produire ce dernier opus lumineux, et cela en une petite semaine. Off The Map parle des destins, de personnes faites pour être ensemble sans pour autant y arriver, des pertes de repères, des apparences trompeuses, un album supprimant ainsi les frontières, touchant des thèmes universels. Les mecs de SoFoot sont clairvoyants. Pourquoi monter un label de musique? "Parce que ce qui compte, c'est le voyage". Entre le mondial des U20 en Turquie, le soleil de Juillet et H-Burns, pas de doutes, c'est bien le cas.