lundi 22 juillet 2013

Tyler, The Creator


D'aspect, Tyler et sa clique d'Odd Future sont de sales gosses. Pas faux, les mioches se complaisent dans leur insolence avec les journalistes qu'ils méprisent, Tyler The Creator en porte étendard. Bouteilles de champagnes renversées en interview, insultes faites à l'encontre de la presse, caricatural à outrance, le groupe de rappeurs se moquent de tout, et n'ont que des buts simples dans la vie: faire ce qui leur plait, à savoir du son, emmerder le monde et faire du skate. Pourtant, on pourrait s'arrêter là dans la description, mais si l'on met notre cynisme de côté l'espace d'un instant, on peut voir que Tyler The Creator, en plus d'être un faux stupide, est un gamin sacrément pointilleux, loin de la hype réductrice qu'on lui colle la peau.

A en voir l'artwork de son troisième opus, Wolf, qu'il a lui même réalisé, Tyler donne l'air d'un imbécile heureux. Cependant, ne vous méprenez pas. Le garçon sait cultiver son image et se montre tel qu'il est. Tyler est un artiste à plusieurs facettes, à plusieurs niveaux de lectures, bien qu'étant le plus simple(t) du monde. Avec Wolf, l'artiste évolue naturellement, le plan personnel rejoignant inéluctablement le côté professionnel. Force est de constater que l'apparent benêt a grandit et aspire à inclure dans ses productions d'autres thématiques que les sérials killers et autres parties de jambes en l'air plus sales les unes que les autres . Il gagne ainsi en consistance et aborde des thèmes personnels de manières frontales et non pas dénuée de profondeur, comme Answer où l'enfant prodige vient nous faire part de tout son ressentiment (sa haine, disons-le franchement) à l'encontre de son lâche de père et de la solitude accumulée depuis le départ de sa grand-mère. Bien que clamant haut et fort être un cancre, détester répondre aux interviews qui lui rappellent les bancs de l'école, bien que lustrant abondamment son image d'ado décérébré nourri au macdo et lobotomisé à MTV, Tyler le mauvais garçon s'impose dans le milieu et se bonifie par l'influence constante du gratin du hip-hop actuel, allant de Frank Ocean à Pharell Williams, sur tout les fronts cette année. Jamais il n'eut la prétention de croire qu'il amènerait quelque chose de différent à ce qui se fait de nos jours. Pourtant, le natif de Californie se distingue par bien des manières. Outre sa voix abyssale et rauque qui ferait même tressaillir King Krule, Tyler allie titres personnels (Answer), titres accrocheurs à thématiques universels (IFHY ft Pharell) ou production fun comme Bimmer (comparant une fille à une BMW). Tyler est simplement un éternel enfant mais faisant de la musique comme un briscard de quarante. Autre point important, mis à part son adoration pour les T-shirt Tie & Dye, c'est la qualité insolente de ses instru. Instru faites garage, le jeunot ne fait confiance à personne mis à part ses potes, salement doués, comme Taco Bennett ou Lionel Boyce, membres d'ODD FUTURE

Tyler, The Creator semble être une étrange créature, oscillant entre jeune homme parlant d'amour de façon magnifique (l'influence de Frank Ocean ou de Pharell) et un goblin avide de sexe élevé au porno. Une sorte de loup-garou, sans doute.
Reste une solution: il est vraiment aussi débile qu'il le laisse entendre.







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