samedi 24 novembre 2012

On y était: Jason Mraz au Zénith de Paris


Je partais avec des préjugés légitimes; en entrant dans le zénith, je me serais retrouvé parqué au fond de la salle, les groupies s'agglutinant aux premiers rangs depuis l'ouverture des portes, avec leur paire de Converse, leur acné et leur excitation non dissimulée. J'imaginais déjà les briquets s'allumant comme à un concert des Enfoirés, les petites culottes voler vers la scène. Néanmoins, en arrivant à la Villette, avec mon BFF, fan de Jason Mraz à outrance, on se rappela que l'américain possède une voix pure faisant de lui l'un des tous meilleurs artistes live (et ce depuis un sacré moment). Parfois sous-estimé, pris de haut en partie à cause du battage médiatique autour de son 3ème opus qu'était We Sing, We Dance, We Steal Things, Mraz est revenu cette année avec un nouvel album intitulé Love Is a Four Letter Word. Tout un programme donc pour l'artiste qui aurait presque des airs de gourou avec ses peintures sur le visage, ses pieds nus et ses tapis sur scène. Beaucoup d'hommes étaient présents ce soir là, symbole de ce qu'est vraiment sa musique: une musique de mecs déguisée en musique pour fille. Si si.


L'heure venue, l'artiste s'est mis à chanter, nous transmettant le sourire qu'il arbore constamment. Deux heures de show durant lesquelles la foule l'écouta reprendre ses nouveaux et anciens morceaux, ondulante , quasi immobile, tel un champ de blé au vent, le fixant pendant que celui-ci tentait de faire des speeches sur l'amour, bredouillant les quelques mots de français qu'il connaissait. Mraz reste fidèle à lui même, et peut paraitre crédule, naïf, mais complétement convaincu de ce qu'il tente de nous faire partager. L'antithèse parfaite au cynisme, l'exemple parfait de la positivité, le personnage est simple et bien accompagné: sa percussionniste Mona Tavakoli dopée au speed, sa violoniste jouant avec lui dans tout les sens du terme, son trio de cuivres sans un cheveu mais bourré de classe. Difficile de repartir chez soi autrement que l'esprit libre, le cœur plein et en sifflant. 

samedi 10 novembre 2012

The Menahan Street Band


Vous vous rappellez de Lee Fields & the Expressions ? Comme le bonhomme était classe et touchant, même avec son t-shirt rentré dans son pantalon ? Soulman contemporain d'exception reléguant Ben l'Oncle Soul au rang d'insulte à cette musique, Lee Fields était accompagné d'une troupe de musiciens talentueux s'appelant The Expressions. La troupe avait ainsi collaboré avec Lee Fields, mais également Charles Bradley, sous le nom du Menahan Street Band. Il s'avère que la semaine dernière, The Menahan Street Band en a profité pour sortir son second album répondant au nom de The Crossing. Une composition de Soul et de Jazz, bluffante, transportant dans l'ambiance américaine des années soixante. Guitares, cuivres et piano nous donnent la sensation d'écouter la bande originale d'un polar de Coppola ou de Scorsese.



Un live de The Expressions avec Lee Fields, histoire de voir (ou revoir) comment les musiciens du Menahan Street Band subliment un artiste avec un voix en or.

Les groupes de l'ombre


Le rock est à l’Angleterre ce que les pâtes sont à l'Italie (ou aux étudiants). Ainsi, l'autre côté de la Manche concentre une flopée de groupes, dont un certain nombre, au demeurant franchement intéressant, a acquit une relative notoriété dans leur pays d'origine, mais peine à se faire une place de choix chez nous. Alors que Kasabian, Muse, Arctic Monkeys ou encore Metronomy pour ne citer qu'eux, attirent tout les regards et toutes les oreilles, difficile pour The Coral, Maccabees et consort de tirer leur épingle du jeu hors du pays de Shakespeare. Pourtant les critiques anglaises sont quasi unanimes: du talent, encore et toujours. Si chaque groupe mériterait une présentation détaillée, chose que je ne peux guère assurer étant donné que j'ai une vie, voici une short-list de groupes que ton bar préféré devrait passer le samedi soir:

- The Pigeon Detectives: un nom de merde, avoué par le batteur, mais un groupe électrique et dynamitant. Du bon son pour réveiller tes potes en début de soirée, trois albums de hautes factures et des membres chevelus pour souligner le cliché du groupe anglais. Luke Pritchard, vous n'avez pas le monopole des cheveux bouclés.


-Milburn Faux jeux de mots français douteux et véritable institution en Angleterre, issus de Sheffield, tout comme Arctic Monkeys dont ils furent leur première partie. J'entends déjà les détracteurs dire "ça ressemble à pleins d'autres trucs que j'connais". Certes, mais parmi les cents autres groupes qui se ressemblent et que tu connais, ça reste les meilleurs, ou du moins les précurseurs.



-Maximo Park et Good Shoes: Deux autres tribus de la même veine que les autres. Un brun répétitif et des albums à trier, mais avec de très bonnes pistes.




vendredi 2 novembre 2012

Springsteen et les filles


Un temps pourri qui a du mal à te donner la motivation nécessaire pour faire face au monde aujourd'hui, je le conçois parfaitement. C'est vrai qu'on n'est pas gâté en ce vendredi 2 Novembre, mais j'ai dégoté le plus beau des remontants: une chanson peu connue de l'américain Bruce Springsteen (non, pas Born In The USA) du nom de Ain't Good Enought For You. Elle change un peu du cadre habituel du maitre, mais elle n'en demeure pas moins grandiose. En vérité, si tu t'attaches aux paroles, ça n'a rien d'un remontant puisque Bruce nous dit qu'il n'est pas assez bien pour une fille et qu'il en a marre d'essayer, qu'il arrête tout.. Et il a bien raison après tout, le sosie d'Alessandro Del Piero. Considères tout de même ceci comme une trouvaille puisque celle-ci n'apparait pas dans la plupart de ses Best-Of. Je te mets au défi de ne pas taper du pied, ne serait-ce qu'une fois...


samedi 6 octobre 2012

Summertime All The Time



Merde l'été est fini, la brume matinale s'installe dans nos journée, et on se voit obligé de ressortir ce fichu "chandail en polaire" comme le disent les québecois qui eux, pendant ce temps là, préparent une Révolution. Comment sortir de cette évidente morosité qui te fait croire que la fille du tramway ne te regarde pas, mais certainement le mec derrière toi avec son putain de casque Beat by Dre qui n'est autre que deux gobelets reliés entre eux par un fil et dont la valeur dépasse le PIB du Burundi?( je sais que beaucoup de filles lisent le blog, remplacez juste fille par garçon, le truc du casque marche pareillement).

Le mec que je vais vous présenter, nous vient de San Francisco, son leitmotiv "Summertime All The Time" est le meilleur moyen de décrire sa musique. Naviguant entre le hip-hop tropical remixé et la disco-house, VICEROY ne peut être assimilé à aucun style particulier mais plutôt à la meilleure saison de l'année: l'été. Malheureusement, pas d'album en vue pour l'instant, espérons que d'ici Noël prochain on en saura un peu plus, histoire de passer les fêtes en arborant une chemise Hawaïenne. Cela dit notre homme tourne pas mal dans des salles de concert ... aux US, une chance pour les Québecois!
Maintenant tu prends un verre de ce que tu veux, tu ajoutes juste un petit parapluie, et tu mets tes sunglasses: te voilà opérationnel(le) pour prendre une vague de Summer bien mérité dans la figure.











Allez F#ck it, j’arrête là.







Van She, retour gagnant


En 2008, un groupe de Sydney sortait un album intitulé V, à base de synthé dans ambiance sombre et psychédélique. Van She, 4 hommes dans le vent, opérant un changement dans leur musique, sont revenus cet été avec un second album brillant dans tous les sens du terme. Idea Of Happiness donne le ton dès la lecture du titre. Une idée du bonheur, Nick Routledge et sa bande l'ont surement. Une île avec des vagues, du soleil et des jolies filles. Mis de côté l'austérité du premier essai, tout en renforçant cet esthétisme psyché et 80'S, le groupe nous fait pénétrer dans son univers en nous faisant lâcher prise. A l'instar de Breakbot avec By Your Side, un degré moindre certes, Idea Of Happiness est l'album qu'on emporte sur une île déserte, ou du moins en vacances. Quasiment rien à jeter, c'est la belle surprise d'un groupe qu'on attendait pas forcément. 






vendredi 5 octobre 2012

By Your Side


Encore un petit article sur le barbu chevelu français, juste histoire de boucler la boucle! Thibaut Berland (Breakbot de son nom de scène) a donc -enfin- sorti son premier album depuis une quinzaine de jours, et je me retiens vraiment de vous faire des jeux de mots pourris sur le mois de Septembre, la rentrée, "Breakbot bon élève", "copie parfaite", alors laissons ça aux journalistes de Métro. Je me devais de faire le bilan de ce qui s'annonçait comme une claque dans l'electro français depuis un sacré moment. Alors que d'aucuns se pignolent sur Tetra de C2C (presque à juste titre), nous avons choisi de nous laisser porter sur les flots du raz-de-marée By Your Side de Breakbot. L'atypique bonhomme pensionnaire d'Ed Banger Records n'a pas tardé à faire taire le peu de sceptiques existants. Rare sont les albums où rien n'est de trop, où rien n'est à jeter. L’œuvre du frenchie est de ceux-là. A la fois électro tout en étant disco, sa force, outre le fait d’être un album équilibré et jamais too much, réside dans l'impressionnante façon d'allier l'énergie et la sensualité. La sensualité, By Your Side en dégouline, de "You Should Know" à "Another Dawn", en passant par "Easy Fraction". Ce premier disque me rappelle l'époque où j'étais minot et où je mangeais du chocolat en m'en mettant plein les mains, et à en voir l'artwork de l'album, on pourrait conclure (de façon ringarde certes) en disant que By Your Side est une vraie gourmandise qui ne fait pas de mal au foie mais du bien aux oreilles et aux jambes. Ou que c'est un fond sonore pour préliminaires, c'est selon.