lundi 14 mai 2012

Citizens!


Décidément hyper actif en cette année 2012, le label français Kitsuné fêtera le 28 mai prochain la sortie du premier album des londoniens Citizens!. Enregistré en Écosse, avec comme producteur Alex Kapranos, chanteur de Franz Ferdinand, pas entièrement étranger à l'atmosphère du groupe si l'on écoute les premiers singles intitulés True Romance et Reptile et si l'on se fie à la coiffure du chanteur Tom Burke, Here We Are est sans doute l'un des albums les plus attendu outre-manche en cette fin de printemps. Mélodie accrocheuse, synthétiseur épuré, des chansons romantiques qui montent crescendo et une voix qui n'est pas sans rappeler celle de Brendon Flowers des Killers, Citizens! semble tout avoir pour devenir un groupe phare de la scène anglaise. Déjà deux singles de lancés pour nous faire patienter et les superlatifs pleuvent déjà pour qualifier leur fraicheur, symbolisée par leurs clips respectifs qui ne manquent pas d'originalité. Mais ce qui rend Citizens! si particulier, c'est que ce groupe est représentatif de son époque: Gildas Loadec (Big boss chez Kitsuné, au dessus c'est le soleil) les a fait signer parce qu'il aimait leurs chaussures. Une anecdote qui vous fera sourire mais qui est le symbole du renouveau musical anglais. Fini les groupes rock tendance "fluo-kids" tels que The Kooks ou Arctic Monkeys (dont on pense néanmoins beaucoup de bien) qui sentent la bière et les sous-vêtements de groupies, dont la reconnaissance est en berne, désormais place à des groupes bien habillés, tendance, très pop aux notes électro. On y gagnera au change, assurément.

samedi 12 mai 2012

Rap Positif




La Suite (1995), Le Chant Des Sirènes (Orelsan), Noir D**** (Youssoupha), Lucide (Disiz), voilà les 4 albums et EP qui redonnent au rap français ce qu’il méritait : des textes. JD vous a parlé de La Suite, beaucoup de personnes vous ont parlé du Chant Des Sirènes, alors moi je vais plutôt m’attarder sur les 2 derniers, ceux de Youssoupha et Disiz. Pourquoi vous devez posséder ces 2 albums dans votre musicothèque ? Car ce sont deux amoureux de la France, et ça, ça fait du bien. Preuve qu’on peut être noir, tisse-mé ou rebeu, faire du rap, ne pas être misogyne et aimer la France. L’antithèse parfaite de Booba, ce genre de mecs qui pondent des albums avec tellement de haine anti-tout que si tu l’écoutes en entier à la fin tu fais une demande d’adhésion au Front National. En parlant de ça d’ailleurs, notre nouveau président #FH -comme les gens cools l’appellent- avait proposé à Youssoupha de rapper lors de sa campagne, ce que ce dernier a refusé ne voulant pas être associé à un quelconque parti politique. Alors que Disiz a lui apporté son soutien à #FH comme il l’avait fait en 2007 avec Ségolène Royal. Pour conclure, Disiz, après s’être planté avec son concept de Peter Punk, revient encore plus fort avec Lucide puis sans aucun doute avec Extra-Lucide qui devrait sortir en fin d’année (où l’on retrouvera des featuring avec Orelsan), tandis que Youssoupha continue son petit bout de chemin dans le rap français direction les sommets. Car vous avez bien là devant vous, les nouveaux patrons du rap hexagonal.

mercredi 25 avril 2012

Lee Fields & The Expressions


Il y a une trentaine d'années, "Little JB", sobriquet qu'on lui donna en référence à sa ressemblance à James Brown, enchaînait les tubes aux côtés de génies tels que ce dernier, Joe Tex ou encore Otis Redding. Sa carrière a donc suivi son cours, connaissant des hauts et des bas, sa musique et son style évoluant au gré du temps tout en passant de label en label. Il fut même cette voix rauque et énergique des singles "I Want You" et "Jealousy" de Martin Solveig. Loin du dj français, Little JB, de son vrai nom Lee Fields, est retourné à ses premières gammes en travaillant pour l'album d'Aloe Blacc, et en signant un nouvel album le mois dernier, intitulé Faithful man ; un album superbe qui nous rappelle pourquoi on appelle cela de la Soul, et qui ferait passer pour une cruelle faute de goût les critiques des plus sceptiques, s'il en existe.
Alors qu'Otis Redding, Ray Charles et Marvin gaye ne sont plus de notre monde, ces véritables paroles de l'âme que sont "Wish You Were Here" ou "Still Hanging On" ne rendent que plus indispensable leur auteur interprète, Lee Fields, l'homme qui traversa le temps pour t'arracher une larme.


 

 Le live Canal+, t'es gâté aujourd'hui :

http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid3922-c-le-live-de-la-semaine.html?vid=629284


lundi 16 avril 2012

Le vraiment mieux



Non, Esau Mwamwaya n'a pas gagné la Can avec la Zambie, il est juste le chanteur d'une collaboration où s'ajoutent au malawien Etienne Tron et Johan Karlberg de Radioclit, groupe electro franco-suèdois. The Very Best allie à la perfection des beats décadents à la voix pleine d'amour d'Esau. Grâce au groupe, on se dit que plus aucun mélange ne semble impossible. De la chaleur dans les productions à la ferveur dans les rythmes, on comprend pourquoi le Malawi est surnommé le cœur chaud de l'Afrique.

Parce qu'on aime le métissage, parce qu'on aime l'amitié, parce qu'on aime la musique, tout simplement parce qu'on aime The Very Best.

Dans le premier morceau, la collaboration avec Baloji sur le morceau "Super Mom", le second morceau Warm Heart of Africa pour finir par l'efficace "Julia".

The Very Best - Super Mom from The OMC on Vimeo.

 

 

 

jeudi 5 avril 2012

M83 - Midnight City

Originaire d'Antibes et côtoyant Daft Punk, Phoenix ou encore Justice, les sudistes de M83 s’apprêtent à conquérir la France. Déjà adulé aux Etats-Unis, les antibois reviennent avec un 6ème album dont le premier single est actuellement grossièrement salopé par TF1 en étant utilisé comme bande son pour "The Fuckin' Voice". Intitulé Midnight City, ce brillant clip mérite qu'on s'y attarde ne serait-ce que pour son clin d'oeil aux cinéphiles, par son inspiration flagrante de John Carpenter et de son film "Le village des damnés".


dimanche 1 avril 2012

Mental



Un bourdonnement redondant, un bruit sourd qui tourne en boucle comme un sampler dans la tête de la douce personne assise à côté de moi. Je la vois lutter contre ses démons, mais rien n'y fait elle est possédée. Comment la sortir de là, comment lui apprendre a aimer cette violence qu'elle redoute tant ? Mon avis ne l'importe pas, elle s'en va, verre à la main, sac calé entre son flanc et son biceps droit, elle a abandonné, moi aussi.

En avril, la littérature est de mise, "i'm a fucking writter, get the fuck off i'm the master of my mind bitch".
Sinon de la musique, en hommage à la fillette de 15 ans dont je parle plus haut, elle devrait détester ce track de la pourtant cool Elliphant, une suédoise qui n'a pas peur de mouiller le tee pour montrer que le pays de la  Spendrup's joue des coudes dans le monde de l'electro dancehall. La touche hip-hop apporté par Adam Kanyama est fort appréciable. Great.



lundi 26 mars 2012

2012, l'année 1995

Plus qu'une hype, 1995 c'est typiquement le groupe qui te réconcilie avec le rap français. A la fois un doigt d'honneur aux blasés qui n'ont rien d'autre à la bouche que "c'était mieux avant", et une musicalité fantastique issue justement de ce rap glorieux du milieu des années 90, ces six mecs du 92 proposent une façon d'être, une fraicheur qu'on croyait perdue. 1995, c'est aussi la preuve qu'on peut faire du son sans être gangsta, sans être misogyne et sans crier à la haine de la police. Porte étendard de cette culture lointaine fondée sur La Haine, Wu-Tang Clan et tout ce qui a forgé l'imaginaire d'une époque, La Source et La Suite, leur deux EP, dont le dernier est sorti début mars, montrent qu'on peut s'auto-produire et laisser plus qu'une empreinte en touchant un large public. Une bouffée d'air frais dans la paysage du rap français.